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Uniciya, l'indienne

Elle prit la dent du loup entre ses doigts,
Symbole, de ce doux secret,
Qui la replongea dans son passé.
Ce loup, comme elle l’aimait !
Ce loup, un soir, sorti du bois,
L’avait appelée. Elle pleurait.

Lui, seul, avait compris,
Ses peurs de l’avenir, ses cris.
Avec elle, il aima l’homme,
Avec lui, elle devenait le ciel, la terre, le loup,
Wicincala Sungmanitu !
Mais le loup restait haï des hommes.

Aux limites de la réserve indienne,
Les hommes, en rage à présent,
Refusaient le vieux secret oublié,
Que l’adolescente leur offrait.

Les arbres et les animaux riaient,
De joie, les roches éclataient,
En voyant la fille, qui parle « loup » !
Wincincala tuwa iya yo Sungmanitu!.

Les hommes, eux, se moquaient.
Wicincala comprit, qu’ils mourraient,
De n’avoir pas écouter l’indienne !
Elle regarda leurs enfants tristement.

Puis sans se retourner,
Puisque tout était déjà joué
Elle partit vers les loups,
Wicincala tuwa iya yo sungmanitu.

Gisèle Martin

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