Il avait, encore, rallongé sa route et fait ce détour pour la regarder. Son cœur palpitait déjà, rien qu'à l'idée de la contempler, pendant ces quelques minutes; volées aux siens.
Comme chaque jour, il avançait vite, presque à en perdre le souffle, vers l'objet de ses vœux, brûlant d'un désir grandissant à chaque pas.
Invariablement, il s'arrêtait et songeait à sa dernière expérience, si douloureuse.
Il était resté si longtemps loin de ces belles dangereuses, parfois cruelles!
Mais serait-elle encore là aujourd'hui? comment pouvait-elle résister à ceux, plus expérimentés, plus fortunés, qui la convoitaient aussi?
Il ne pouvait l'imaginer dans d'autres mains, mal menée, mal aimée, peut être.
Elle n'était plus de la première jeunesse, il savait pourtant, qu'elle pouvait encore le conduire au bout de ses rêves.
Ce jour-là, il ne s'arrêta pas, pris son courage à deux mains, pour se planter devant elle comme un prétendant possible.
Comme si cette attente, l'avait éprouvée, elle aussi, elle semblait un peu plus marquée par le temps. Il le remarqua.
Mais elle était encore si belle
Après avoir accompli, les incontournables d'usage, il s'en rapprocha, le regard pétillant de désir. Dans ses yeux, le respect se lisait aussi.
Il prit le temps de découvrir sous ses doigts, ses formes arrondies.
Avec une extrême délicatesse, il l'enfourcha. Son rêve devenait enfin réalité.
Elle répondit à ses attentes.....
Elle vrombit....
Eh oui! motard on nait ou on est... motard on reste!
Cette petite fable se termine par cette morale.
« Se laisser emporter, conduit souvent à une erreur, qui, comme dans cette histoire, ne se découvre qu'avec la chute ».
Gisèle Martin
Tous droits réservés